La Route de San Romano

La route de San Romano

Actes Sud, 1996

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2 réflexions sur “La Route de San Romano

  1. Lu dans un hommage du poète et romancier Robert Marteau il y a quelques années maintenant (il est mort en 2011), ces lignes :

    « C’est en 1975 que René Char me racontait, dans son jardin des Busclats, que resté seul dans la garrigue, cerné par les Allemands, se voyant perdu, il avait toute proche devant lui une abeille qui butinait absolument indifférente à l’abomination qu’entretenaient entre eux les humains. Il n’était pas loin de dire qu’il lui devait la vie. Aussi ne suis-je pas étonné de trouver l’équivalent sous la plume de Temple, dans La Route de San Romano :

    « As-tu remarqué, dit Tellier à Dubreuil, qu’un rien devient soudain tout un univers lorsque tu es plaqué au fond de ton trou, les balles rasant ton casque. L’horizon se limite à la boue à laquelle est collée un fétu. Comme celui-ci, tiens… Alors, tu vois ce brin de paille, tu le vois et tu le regardes bien. Tu l’examines. C’est idiot, peut-être, mais dans dix ans, quand tu y repenseras… » »

    Robert Marteau ajoutait : « Il n’y a pas de commentaires chez Temple. Il n’y a pas de parti pris. Il n’y a pas de fioritures. Il n’y a pas de dérobades. Pas de reniements. Pas de flonflon. Pas d’espoir. Pas non plus de désespoir. Ecoutez. Ecoute. »

  2. Depuis Cendrars et Apollinaire, peu de poètes ont eu le privilège de risquer ou de donner leur vie pour elle, la liberté, pour qu’un mot s’incarne jusqu’à éclairer vraiment le monde. Je ne puis m’empêcher d’évoquer, dut sa modestie en souffrir, et plus encore alarmer ce qui est le plus mutique en lui ‒ le corps expéditionnaire français avec lequel, à la tourelle d’un char américain, Frédéric Jacques Temple combattit dans les Abruzzes, prit part au débarquement de Provence, menant la guerre jusqu’à la fin dans les forêts d’Autriche : c’est aux plus rares qu’il est donné d’avoir la bataille de Monte Cassino dans son « du même auteur » ‒ et je comprends ce que signifient ces mots d’histoire, libération de Rome, libération de Sienne, en apprenant qu’à la tête de sa compagnie il était de ceux du 3e spahis, avec chech et gandoura, qui ont libéré… Luxueil-les-Bains, ma ville natale.

    Alain Borer, dans son « Portrait de FJT en Achab » (1999)

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